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Déchets ultimes industriels et techniques de stabilisation
Les entreprises concernées

 

L’arrêté ministériel du 18 décembre 1992 définit les déchets ultimes admissibles en centre de stockage et prévoit leur stabilisation dans certains cas : “Un déchet est considéré comme stabilisé quand sa perméabilité à l’eau et sa fraction lixiviable ont été réduites et quand sa tenue mécanique a été améliorée de façon que ses caractéristiques satisfassent aux critères d’acceptation…” ; sont énumérés ensuite les seuils pour différents paramètres (pH, siccité, fraction soluble…). Ceux-ci devront être mesurés par application du protocole SRETIE (Service de la Recherche des Etudes et du Traitement de l’Information sur l’Environnement) normes NF X 31–211 relative à la caractérisation des déchets stabilisés et NF X 31– 212 relative à leur lixiviation.

Les déchets concernés

Les déchets devant être stabilisés avant stockage sont les suivants :

  • résidus de l’incinération : REFIOM (Résidus d’Epuration des Fumées d’Incinération d’Ordures Ménagères) et REFIDI (Résidus d’Epuration des Fumées d’Incinération des Déchets Industriels),
  • résidus de la métallurgie,
  • résidus de forage résultant de l’emploi de fluides de forage à base d’hydrocarbures,
  • déchets minéraux de traitement chimique,
  • résidus de traitement d’effluents industriels, et d’eaux industrielles de déchets ou de sols pollués,
  • mâchefers résultant de l’incinération des déchets industriels ou MIDI,
  • résidus de peinture,
  • résidus de recyclage d’accumulateurs et de batteries,
  • résidus d’amiante,
  • réfractaires et autres matériaux et minéraux usés et souillés,

Les différentes techniques de stabilisation

La stabilisation est un terme générique qui regroupe différentes techniques pouvant même, pour certaines, être associées :

> Solidification

Historiquement, cette technique, très utilisée dans le domaine du nucléaire, visait à faire réagir toute l’eau libre du déchet avec le liant, afin de lui donner une certaine structure physique.

Aujourd’hui, la solidification regroupe toutes les techniques qui tendent à donner aux déchets une certaine structure physique.

> Fixation chimique

Technique qui consiste en l’immobilisation de polluants dans une matrice, du fait de la formation de liaisons chimiques entre les polluants et les composés de la matrice (par exemple : insolubilisation de cations sous forme de silicates, formation d’aluminates, complexation d’ions…).

> Fixation physique, enrobage ou encapsulation

Technique qui consiste à enfermer dans une gangue “étanche” les composants polluants du déchet (micro-encapsulation dans le cas d’un mélange intime entre déchet et liant) ou la totalité du déchet (macro-encapsulation si le déchet, déjà éventuellement traité est enrobé dans sa globalité).

> Vitrification

Principe consistant en une rétention physico-chimique des polluants d’un déchet dans une matrice vitreuse, obtenue par un traitement à haute température. La vitrification est obtenue grâce aux composants propres du déchet, ainsi que par d’éventuels ajouts.

L’une des particularités d’un procédé par rapport à l’autre est la nature des réactifs employés (minéraux et /ou organiques) et éventuellement des additifs qui sont très souvent ajoutés. Le rôle des additifs est de compléter l’action des liants en vue de conférer aux déchets stabilisés un certain nombre de propriétés physico-chimiques compatibles avec un objectif souhaité de qualité.

Les procédés utilisant des liants minéraux peuvent être qualifiés de procédés de stabilisation – solidification. On considère alors que fixation chimique et solidification vont se produire.

Les procédés utilisant des liants organiques sont des procédés d’enrobage.

Les procédés dits de vitrification sont le plus souvent des procédés de stabilisation – solidification. Toutefois, une mauvaise vitrification peut engendrer la seule encapsulation des polluants. Certains déchets vitrifiés peuvent être valorisés par exemple en travaux routiers.