Déchets Industriels Spéciaux

   
 
Traitements
Les entreprises concernées

 

Lorsque les possibilités de récupération ou de valorisation adéquates autorisées ont été épuisées, les producteurs de déchets doivent s’orienter vers les filières de traitement par élimination et/ou de stockage. Les déchets concernés doivent être éliminés soit :

  • par traitements physico-chimiques appropriés,
  • par incinération ou évapo-incinération.

Certains déchets très toxiques (composés organo-mercuriels, arséniés, cyanurés) nécessitent un confinement par stockage profond en mines de sel. Voir chapitre Fin de parcours.

Cadre réglementaire

Les centres de traitement de déchets spéciaux sont des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE) et à ce titre sont soumis à autorisation préfectorale. Ils sont souvent conventionnés par les Agences de l’Eau qui peuvent apporter aux producteurs de déchets des aides à l’élimination et au transport.

En application des arrêtés du 18 décembre 1992, modifiés par les arrêtés du 18 février 1994, relatifs au stockage de certains déchets industriels spéciaux et stabilisés, les déchets minéraux de traitement chimique et les résidus de traitement par incinération doivent être stabilisés pour être admis dans une installation collective de stockage.

Le choix du collecteur et du centre de traitement sont de la responsabilité du producteur de déchets. Il détermine la filière retenue (mode de traitement) en accord avec l’Inspection des Installations Classées. Afin d’éviter les erreurs d’orientation, chaque centre de traitement met en place une procédure d’acceptation préalable (sur la base d’analyses des déchets considérés) afin de connaître le déchet avant son expédition et de s’assurer de sa compatibilité avec les possibilités du centre.

Les filières de traitement

> Les traitements physico-chimiques

Les traitements physico-chimiques peuvent être de natures diverses :

  • neutralisation pour les acides et les bases,
  • décyanuration par oxydation des cyanures en cyanates,
  • déchromatation par réduction du chrome hexavalent en chrome trivalent,
  • précipitation des métaux sous forme d’hydroxydes par du lait de chaux ou de la lessive de soude,
  • cassage d’émulsions effectué à haute température en milieu acide pour séparer phase aqueuse et phase liquide incinérable,
  • distillation des solvants usés pour régénération,
  • stabilisation et solidification des boues pour réduire la fraction lixiviable,
  • séparation multiphasique des mélanges hydrocarburés,
  • décontamination de pièces souillées par le PCB (transformateur électrique).

Ils concernent les déchets de préparation et de traitements de surface, les boues d’apprêt et de travail des métaux, les déchets minéraux liquides ou boueux de traitements chimiques, les déchets de traitement de dépollution et de préparation d’eau, les mélanges eau/hydrocarbures…

> L’incinération

Elle concerne la plupart des déchets d’origine organique, c’est-à-dire les solvants et leurs mélanges, les déchets d’hydrocarbures, de peintures et de vernis, certains résidus de la chimie organique…

Le traitement le plus courant est l’incinération en fours spécialisés ou en fours cimentiers. Les liquides seuls, les solides ou les pâteux pourront être admis suivant le type de four et le dispositif d’alimentation en déchets. Les unités de traitement par incinération et co-incinération sont réglementées par l’arrêté ministériel du 9 octobre 1996.

On distingue les filières suivantes :

  • incinération des déchets liquides, pâteux et solides ne contenant pas d’halogènes organiques,
  • incinération en cimenterie de déchets liquides aqueux, de déchets combustibles (valorisation énergétique : elle peut concerner des déchets liquides ou des déchets solides broyés) : elle nécessite une régularité dans les approvisionnements (quantités, composition) et l’absence d’éléments perturbant la fabrication du ciment, dont les halogènes.
  • incinération d’organohalogénés : les fours autorisés à recevoir des déchets halogénés ou soufrés (au-dessus de 1 à 2 %) doivent être munis de dispositifs très performants de neutralisation des gaz acides.
  • incinération des PCB et assimilés : leurs conditions d’incinération sont plus sévères (température exigée 1 200 °C).

Différentes catégories de fours sont utilisées. Ils peuvent être statiques, rotatifs, à grilles, à soles, à lit fluidisé.

Notons également que ces installations d’incinération peuvent être (et le sont de plus en plus pour les plus récentes) munies de systèmes permettant la récupération de la chaleur produite.

> L’évapo-incinération

Le principe repose sur la séparation par évaporation des phases aqueuse et huileuse.

Les vapeurs aqueuses sont dégagées en tête de l’appareil et incinérées pour détruire la charge organique alors que le concentrat à haut pouvoir calorifique récupéré au fond de l’évaporateur est utilisé comme combustible. Cette méthode est surtout pratiquée pour les fluides usagés de travail des métaux (huiles solubles) et plus généralement aux déchets aqueux à faible PCI.

Concernant le stockage de déchets spéciaux, se reporter au chapitre Fin de parcours.